Kisangani asbl

Un peu de paix

août 2003

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Kisangani fait de nouveau partie intégrante du pays.

"L’essence coûte maintenant 3 dollars par litre, mais depuis que les bateaux de Kinshasa embarquent au port, une nouvelle lueur d’espoir y rentre, tout en espérant que le coût de la vie baissera aussi. Lors de l’arrivée des bateaux toute vie reprends." Enfin un signe positif de Kisangani, notre ville située à un méandre du fleuve.

René Ngongo, assistant à la Faculté des Sciences et très actif dans le monde des ONG, vient d’arriver de l’Ituri, la région du nord-ouest la province Orientale du Congo, à la frontière de l’Uganda. C’est dans cette région que le combat terrible entre les Hema et les Lendu a eu lieu, la ’première guerre mondiale africaine’, qui a exigé quatre millions de victimes.

Mi-août, le premier convoi a ramené les premiers 2000 passagers et un cargo rempli de sel, de sucre, de la farine, du savon et des matériaux de construction. Peut-on parler d’un retour de "la vivacité et efficience d’un Anvers miniature" à Kisangani, tel qu’il a été décrit par l’écrivain américain John Gunther et lorsqu’on parlait encore de Stanleyville durant les années ’50 ?

"Durant la première semaine, après que Kisangani était à nouveau relié au monde extérieur, cinq milles tonnes de marchandises ont été déposées sur les quais." nous raconte M.Raymond Mokeni, le président de la Chambre de Commerce dans un interview avec AP. "Tout ce temps, nous avons vécu dans la misère totale", selon Mokeni. "Trois quarts de nos entreprises ont été fermés, des milliers de personnes ont perdu leurs travail. Les gens ne possèdent plus aucun pouvoir d’achat."

aap Cinq des huit bateaux qui avaient embarqué fin juillet, provenaient de Kinshasa, 1500 km en aval.

Les années précédentes, tous les produits alimentaires provenaient du Rwanda et de l’Uganda, les deux occupants qui se sont battus pour le contrôle de Kisangani pendant les trois guerres précédentes.

Les prix augmentaient à vue d’œil, un sac de ciment coûtait 55 dollars - depuis l’arrivée des cargos, le prix de vente a diminué jusqu’à 16 dollars le sac.

La Brasserie

La santé économique de la ville se voit le mieux dans la production de la brasserie Bralima. Avant la guerre, Bralima produisait 36.000 hectolitres par mois. Ceci est actuellement réduit jusqu’à 1500 hectolitres par mois. Les routes sont dans un état si impitoyable, qu’aucune bouteille de trois quart de litre ne peut quitter la ville.

Toute cette situation peut changer rapidement – si le régime de transition à Kinshasa garde le pouvoir et si la milice de l’Ituri, du Kasaï ou du Kivu décide de rendre les armes.

Les ’Boyomais’, les habitants de Kisangani, ont fêté l’arrivée du convoi de Kinshasa avec de la musique de rap et des chansons exclamant la réconciliation.

Peut-on réellement espérer qu’un tout petit peu de paix est instaurée ?